Dans cet article, nous abordons : lucidité relationnelle, isolement affectif, rencontre, conscience amoureuse.
On sait ce qu’on veut, on sait surtout ce qu’on ne veut plus.
On a élagué les relations creuses, les débuts trop brillants, les scénarios déjà vus: on se pense clair, stable, aligné.
Mais il y a ce silence qui revient, cette distance qui s’installe, cette solitude de plus en plus fine.
Et cette question qui surgit, sans pitié : est-ce qu’à force de lucidité… on a fermé la porte au lien ? Plus on voit clair, plus les autres s’éloignent, comme c’est un décalage progressif. Une sorte de vide autour de soi, provoqué par un excès de conscience affective.
On ne cherche plus à séduire: on cherche à voir et à être vu, vraiment.
Mais à mesure que la conscience s’aiguise, le lien se fait rare. Plus on avance intérieurement, plus le cercle se restreint: les discussions superficielles épuisent, les jeux de rôle crispent, les masques transparents agacent. On ne croit plus aux jeux, on ne joue plus les rôles, et dans ce silence nouveau, une peur monte : la lucidité est-elle incompatible avec le lien ? à force de lucidité, a-t-on désappris à aimer ?
1. La lucidité dissout l’illusion, et avec elle, l’élan
Reconnaître les pièges affectifs, sentir les manipulations légères, flairer les egos trop sûrs,
Repérer en quelques mots ce qui n’ira nulle part, ce qui rejoue une boucle déjà vue,
Éviter les faux départs, les dynamiques creuses, les liens brillants sans ancrage,
Tout cela protège, clarifie, recentre; et pourtant, plus rien ne pénètre, plus rien ne surprend, plus rien ne s’allume vraiment.
Le tri est parfait, l’espace est vide.
2. L’analyse évince le trouble, alors que le lien naît de lui
On ne cherche plus un être vivant, on attend un alignement théorique, un ensemble de signes clairs, une symétrie parfaite, une fluidité sans accrocs.
Tout est passé au crible, tout est décodé trop vite.
Le feu, lui, surgit ailleurs, là où le mental n’anticipe pas: là où quelque chose dérape, se dévoile, s’incarne sans explication.
Ce trouble qui dérange, qui échappe…
C’est lui qui allume le lien, c’est lui qu’on a évacué.
3. Le désir ne se maîtrise pas, il se provoque
Une voix singulière, un regard instable, une faille visible,
Un geste sans logique, une intensité brute,
Voilà ce qui rallume la peau, les nerfs, la mémoire du manque,
Et pourtant, cette part-là ne passe plus la grille,
Elle n’a pas le bon timing, pas la bonne syntaxe, pas le bon rythme intérieur,
Ceux qui voient tout deviennent imperméables,
Non par froideur, par excès de lucidité, par saturation d’alertes,
Le feu demande du vide, ils ne laissent plus d’ouverture.
Conclusion
Ceux qui voient clair n’ont pas perdu le besoin d’aimer,
Ils ont désactivé les leviers qui ouvrent au lien,
Ils attendent une rencontre sans faille, une évidence sans secousse,
Le lien profond ne supporte pas cette logique,
Il ne se laisse pas contrôler, il ne se déclenche pas sous condition,
Il exige un risque, une exposition, une faille offerte.
C’est dans cette faille que tout recommence,
Y compris pour les lucides, encore faut-il qu’on le choisissent.
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